Route – Championnats de France – Mantes-la-Jolie – 19 avril – Reconnaissance – Groupama-FDJ – Arnaud Démare : « C’est super de pouvoir rouler en bleu-blanc-rouge »

Double Champion de France sur route professionnel, Arnaud Démare de l’équipe Groupama-FDJ nous a accordé une interview bleu-blanc-rouge. Entretien

France Cyclisme : Arnaud, comment avais-tu appréhendé les France de Saint-Omer, en 2017 ?

Arnaud Démare : « Je ne les avais pas préparés comme un réel objectif les Championnats de France de Saint-Omer, à la différence de mon premier succès obtenu au Futuroscope. J’avais l’an passé plus en tête le Tour de France, et finalement, ce succès, à Saint-Omer, est arrivé dans la droite ligne de ma préparation pour le Tour. Du coup, j’étais moins focalisé sur ce Championnat. Comme je l’ai dit, je ne m’étais pas forcément préparé à redevenir Champion de France trois ans après mon succès acquis dans la Vienne. Une fois le titre gagné, cela a été une immense joie, et je l’ai apprécié encore plus sur le podium ».

FC : Quel impact a eu pour toi ce deuxième titre ?

AD : « Je l’ai apprécié encore plus car je savais tout ce qui allait en découler après ma victoire. D’ailleurs, la veille du Championnat de France, quand tu vas rouler pour la dernière fois avec ce maillot, avant de le remettre en jeu le lendemain, tu as toujours un léger pincement au cœur. On sait qu’on le porte peut-être pour la dernière fois, mais aussi que toute la saison qui vient de s’écouler a été superbe. C’est fort de pouvoir rouler en bleu-blanc-rouge toute une année. Mes parents, ma compagne me disent que vêtu ainsi, je suis très reconnaissable à la télé. Ce sont ces petits trucs qui font que c’est top de porter ce maillot durant un an ».

 

FC : Marc Madiot offre à ses coureurs un maillot national vierge de toute publicité…

AD : « (il nous coupe) … Un maillot vierge de toute publicité comme le souhaite Marc Madiot, notre manager, j’adore. C’est top de porter un maillot national qui représente vraiment notre pays, surtout quand on voit d’autres équipes qui ne respectent pas trop la charte graphique du drapeau de leur pays. Pour certains coureurs on a du mal à voir qu’ils sont Champions de leur pays, ou alors leur maillot est blindé de pubs. Nous le choix de l’équipe Groupama-FDJ c’est un maillot sans publicité, et c’est trop beau. C’est très bien ce que fait Marc ».

FC : Quelques jours après Saint-Omer, tu as gagné en tricolore sur les routes du Tour…

AD : « Gagner sur le Tour de France, déjà, c’est énorme, mais avec le maillot bleu-blanc-rouge, pour le grand public, pour moi c’est ce qui pouvait m’arriver de mieux. Cela a été une sacrée belle victoire ».

FC : Quels vont-être tes ambitions pour ce championnat de France 2018 ?

AD : « Je ne me prononcerais définitivement sur mes ambitions pour le Championnat de France 2018, à Mantes-la-Jolie, qu’après avoir vu le parcours. Si je vois que c’est dur, mais que malgré tout je peux avoir ma chance sur un tel tracé, j’aurais forcément des ambitions. Un Championnat de France c’est une course magique, qui ne dure qu’une journée, mais au terme de cette compétition on peut être heureux pendant toute une saison. Tout le monde de surcroit peut croire en ses chances au départ d’un Championnat de France. C’est vraiment une course à part. Ce maillot quand tu l’encadres à la maison, tu es fier ! »

FC : On sent que tu as envie que ton histoire avec ce maillot connaisse d’autres chapitres ?

AD : « C’est clair que j’ai envie de gagner d’autres fois ce titre. Je m’aperçois qui plus est, que je commence à m’aguerrir sur des parcours un peu plus accidentés, typés puncheurs, donc forcément, mon terrain de chasse s’élargit, et mes chances de succès également. J’espère un jour réaliser un triplé sur les Championnats de France, même si c’est toujours dur en termes de pression d’avoir une équipe entière à son service, comme Groupama-FDJ qui possède un effectif de 22 à 23 coureurs français engagés sur les Championnats de France. La pression ressentie sur un Championnat de France est différente de celle que l’on peut connaître quand on est sept coureurs au départ des autres épreuves. Lorsque plus de vingt coureurs se mettent à ton service pour te faire gagner le Championnat de France, la pression qui est à supporter est énorme ».

FC : Arthur Vichot et toi vous avez gagné deux fois, les France, existe-t-il une petite compétition entre vous deux afin de savoir lequel d’entre vous deux parviendra avant l’autre à trois succès ?

AD : « (il rigole) … Non, non du tout… »

Recueilli par Hervé Bombrun
crédit photo FFC Patrick Pichon