Route – Championnats de France – La Haye Fouassière – Professionnels – Barguil, le triclore lui ira si bien

Warren Barguil a été décrié, critiqué. Mais le Morbihannais n’a pas dérogé à sa ligne de conduite. Il a certes encaissé, mais sans le montrer. Ce n’est pas dans sa nature. La réussite aussi n’a pas toujours été de son côté, comme cette année dans la Drôme, sur Paris-Nice, ou en Catalogne. Sur cette dernière il a laissé sur le bitume de grandes espérances, mais aussi a été relevé avec un trait de fracture au bassin. Année maudite. Non pas pour Barguil qui est resilient, et jamais aussi fort que dans la douleur ou après blessure. Alors, Warren a refait ses gammes. Il a repris à Plumelec, circuit qui accueillera les Championnats de France 2020, puis a enchaîné avec le Critérium du Dauphiné qu’il a terminé sur une note ascendante avec une quatrième place obtenue sur la dernière étape, et une treizième place au classement général. Il avait eu auparavant un stage en altitude avec son équipe Arkéa Samsic, pour ceux qui pensent qu’il n’est pas assidu, puis avant le Championnat de France, un autre stage en altitude avec Edouard Hervé, le même qui l’avait accompagné lors d’un même stage identique en 2017, avant son épopée sur le Tour, et Maxime Bouet. Et là-bas, le grimpeur Breton s’est infusé des montées de cols, et comme si cela ne suffisait vendredi dernier il a effectué une belle sortie derrière derny. Un entraînement parfum Tour de France, mais aussi Championnat de France à la Haye-Fouassière, ou son équipe a répondu présent avec dans la bonne échappée du jour : Amaël Moinard, Forian Vachon, Benoit Jarrier et Kévin Ledanois, face à eux une pléthore d’AG2R, Simon et Touzé entre autres chez Cofidis, et Valentin Madouas, Benjamin Thomas et David Gaudu. Ce dernier ayant dû quitter la course en raison d’une casse de dérailleur, ce qui fut sans doute l’un des tournants de la course pour les hommes de Marc Madiot, plus que la tentative avortée de Thibaut Pinot qui a essayé à maintes reprises de faire la jonction avec la tête de la course. Devant le groupe de tête fort d’une trentaine d’unités qui s’est réduit au fil des tours s’est battu pour la victoire, tour à tour Barguil, Madouas et Martin ont tenté de filer en solitaire vers l’arrivée. L’attaque du coureur de Wanty Groupe Gobert a même désorganisé le duo Simon-Touzé, qui a été coiffé par un Warren Barguil revenant de l’arrière. Un Barguim ému et tout sourire à l’arrivée. « Je ne gagne pas beaucoup, mais souvent que des belles : des victoires d’étapes sur la Vuelta, sur le Tour et maintenant le Championnat de France. Toutes mes victoires sont belles, aucune n’a plus de valeur qu’une autre. Je suis un passionné du cyclisme, je fais ce métier par envie parce que j’aime rouler, seul, ou entre copains. J’ai eu des doutes après ma chute en Catalogne, j’ai été pris de doutes, et je voulais arrêter le vélo, car je ne fais pas ce métier pour l’argent comme je l’ai lu ici ou là. Mais si j’avais pris cette décision, je l’aurais regretté. J’ai été soutenu par ma femme, ma famille, mon équipe et de nombreuses personnes qui m’ont tendu la main. Je suis heureux. » Et Warren Barguil qui a rendu le public heureux dans le vignoble Nantais, pourrait faire de même dans quelques semaines sur les routes du Tour de France… avec un beau maillot tricolore sur les épaules.

 

 

 

Hervé Bombrun