Contre-la-montre Pierre Latour : « Beaucoup de coureurs rêvent de ce titre »

Meilleur jeune du Tour 2018, Pierre Latour est aussi double champion de France du contre-la-montre. Interview avec le Drômois d’AG2R-La Mondiale.

France Cyclisme : Pierre, l’an passé à Mantes-la-Jolie, ce deuxième titre, donnait une impression de perfection…

Pierre Latour : « Je ne sais pas si on peut dire cela, mais en tout cas, le titre de Champion de France compte dans une carrière car beaucoup de coureurs rêvent de l’obtenir. C’est une épreuve que ce soit celle en ligne ou que ce soit le contre-la-montre qui possède une grande importance pour moi. C’est en plus un maillot que je peux porter pendant un an sur les épreuves chronométrées. Maintenant il est clair qu’en 2018, j’ai connu une excellente journée ».

FC : J’imagine que tu vises la passe de trois en 2019…

PL : « Oui, c’est toujours compliqué, mais si j’ai la possibilité de signer un triplé sur le championnat de France du contre-la-montre, je ne vais pas me priver. Je vais tout faire pour en tout cas. On verra bien, l’équipe a changé de vélo cette année, certains adversaires progressent saisons après saisons, et ils ne sont pas à négliger. Il va y avoir de la course ».

FC : Est-ce que cela a été un vrai crève-cœur de ne pas disputer en 2018 les Championnats du Monde à Innsbruck ? (NDLR : il avait eu une fracture d’une vertèbre suite à une chute à la Clasica San Sébastian). Te mets-tu dans la perspective du chrono en Équipe de France Championnats du Monde, Jeux ?

PL : « Oui j’ai été extrêmement déçu, car le chrono en Autriche était dur, et cela m’aurait plu de le disputer sous le maillot de l’équipe de France. Si j’ai le niveau pour le faire oui bien sûr, après si un coureur est meilleur que moi dans cette discipline, ce sera à lui de disputer les Championnats du Monde, les Jeux Olympiques. Moi, je ne me considère pas comme un vrai spécialiste du contre-la-montre. A voir… mais si je peux y aller tant mieux.

FC : Tu connais le parcours de la Haie-Fouassière qui accueillera le Championnat de France 2019 ?

PL : « Non, je n’ai jamais disputé la Classic Loire-Atlantique. Je sais que « Gougou » (NDLR : Alexis Gougeard) adore cette course. Il m’en a parlé, il a gagné à plusieurs reprises cette épreuve comptant pour la Coupe de France des pros. Cela donne forcément envie de bien faire. Je sais que le parcours est bien usant, avec des efforts répétitifs à fournir. Cela me convient, mais cela convient aussi forcément à d’autres (rires). »

FC : J’imagine qu’AG2R-La Mondiale aura envie de casser l’hégémonie de Groupama-FDJ sur les Championnats de France !

PL : « Forcément. On espère le titre, mais chaque année Groupama-FDJ sur le Championnat court à la perfection, ce n’est pas simple, mais on va essayer de tourner la chance de notre côté ».

FC : Un titre national en ligne changerait quoi pour toi ?

PL : « Le coureur qui est sacré Champion de France sur route, le maillot il en profite sur toutes les courses sauf sur les chronos. On le porte vraiment quasiment tous les jours, alors que celui du contre-la-montre c’est occasionnel. Cela donne aussi une autre dimension au coureur. »

FC : Les Championnats de France, tu les prépares comment, Pierre ?

PL : « Je fais ma préparation dans le cadre du stage en vue du Tour de France que l’on fait en Sierra Nevada. Après la Sierra Nevada et le Championnat de France, il y a le Dauphiné, mais lors de mes séances d’entraînement entre le stage et cette épreuve, j’effectue un maximum de sortie avec mon vélo de chrono derrière scooter ».

Propos recueillis

par Hervé Bombrun
Crédit photo FFC – Patrick Pichon