Championnat de France – Épreuve en ligne – Groupama-FDJ – Anthony Roux : « Je m’implique à 100% pour préparer les France »

Le Champion de France 2018 revient pour France Cyclisme sur son succès à Mantes-la-Jolie, et se met en perspective pour l’édition 2019 des France, course toujours aussi capitale pour son équipe, ses sponsors, mais aussi son manager Marc Madiot.

France Cyclisme : Ta victoire à Mantes a-t-elle été une délivrance après plusieurs places sur le podium lors des Championnats de France, Anthony ?

Anthony Roux : « Une délivrance ? Je ne sais pas si on peut employer ce terme, si c’est le bon ! C’est un titre que je voulais depuis longtemps, que ce soit dans les rangs juniors, Espoirs ou que ce soit chez les amateurs. Il est arrivé après de nombreuses défaites, mais il est venu quand même ! Une délivrance ? Non, c’est trop fort. Maintenant il est clair que je m’implique à 100% depuis plusieurs années afin d’être prêt au mois de juin, à l’occasion des Championnats de France contre-la-montre et pour l’épreuve en ligne, car les deux épreuves me semblent accessibles, et donc je m’investis en ce sens. Mais il n’y a pas que l’investissement qui compte, il faut aussi être en capacité d’aller chercher ce titre. Par ailleurs, ce n’est pas parce qu’on réalise plusieurs podiums, que l’on mérite un jour d’être sacré Champion de France. Ce serait trop facile. Une chose est certaine, Mantes 2018, cela a été pour moi une journée parfaite ».

FC : Quand tu voyais tes coéquipiers porter ce maillot, tu te disais quoi ?

AR : « Je n’ai jamais été envieux de mes coéquipiers. Le maillot que j’ai beaucoup envié c’est celui de Sylvain Chavanel, en fait, quand il s’impose à Boulogne-sur-Mer. C’est une édition du Championnat de France que j’ai très mal couru. J’ai le sentiment de l’avoir loupé, et quand je voyais Sylvain avec sur le dos, cela ravivait ma déception d’avoir loupé ce Championnat de France dans les Hauts-de-France. Ce maillot j’aurais pu l’avoir, mais je n’avais pas assez confiance en moi à cette époque-là. J’étais vraiment trop jeune, je pense. C’est le seul maillot que j’ai envié, à chaque fois que je le voyais sur ses épaules, je me disais non « il aurait pu être à moi celui-là ». J’étais vraiment bien à Boulogne, mais quand j’ai vu Arthur, ou Arnaud le porter chez Groupama-FDJ jamais je n’ai été envieux d’eux. Après il est sûr que côtoyer des Champions de France au sein de l’équipe Groupama-FDJ, donne forcément aux autres l’envie de réaliser une telle performance.

FC : Peux-tu nous décrire l’atmosphère qui règne au sein de la Groupama-FDJ avant les Championnats de France ?

AR : « La veille de la course il y a tout un cérémonial, une journée mise en place, avec un briefing important. On monte crescendo vers l’événement important que sont les Championnats de France. Une journée spéciale, toujours, pour l’ensemble de l’équipe Groupama-FDJ. Chaque année nous sommes logés dans de beaux endroits. On sent que le Championnat de France tient à cœur à Marc, mais aussi à l’ensemble de l’équipe, à nos sponsors. C’est un moment important pour tout le monde ».

FC : Cette année, tu vas préparer une fois encore le contre-la-montre et l’épreuve en ligne à La Haie-Fouassière ?

AR : « Oui. Je vais préparer les deux, comme je le fais tout le temps. Je ne vais pas changer mes habitudes. Je vais sans doute disputer le Giro en 2019, avec une charge de travail importante qui sera effectuée au cours de cette course. Je vais avoir ensuite un peu de temps pour souffler, il y aura une semaine de récupération en moins par rapport à l’an passé. Mais cela ne me dérange pas dans la mesure où en 2018, j’ai pu voir que j’étais opérationnel sur le Tour d’Occitanie. Le « fond de jante » sera bien préparé sur le Giro, si tout se passe bien. Après je n’aurais plus qu’à bosser de manière intensive sur le chrono, et à arriver motivé pour cette épreuve et la course en ligne. Je ne vais pas venir en voulant défendre un titre ou quoique ce soit, mais en faisant comme j’ai fait à l’été 2018, même si je sais que cela ne va pas être facile. Je sais ce qui m’a réussi à Mantes-la-Jolie, et que si je me mets trop de pression par rapport à la Haie-Fouassière et les France 2019, je ne vais pas y arriver. Je me dis que je l’ai eu ce maillot :  cela démontre donc mes capacités pour l’obtenir. Aujourd’hui, je n’ai pas de pression à avoir. Si je fais une bonne course il peut encore mien à l’arrivée, et si je ne l’ai plus à l’arrivée : et bien, tant pis, l’essentiel étant qu’il reste au sein de l’équipe ».

FC : Connais-tu le parcours de la Haie-Fouassière ?

AR : « C’est le parcours de la Classic Loire Atlantique, je l’ai fait quelques fois, et c’est un tracé que j’apprécie. Il est exigeant pour éliminer les sprinters, et à la fois trop exigeant à la fois, pour que je sois présent dans le final. Il y a eu aussi la chaleur l’an passé qui a joué en ma faveur. Après une grande majorité de parcours entrent dans mes cordes, car je suis un homme de Championnat, qui répond présent sur cette course au kilométrage assez élevé. Après si le parcours ne demande pas une maitrise pour un sprint, je me dis pourquoi pas. Nous avons aussi perdu une belle carte cette année avec Arthur Vichot, mais nous en avons gagné de nouvelles cartes avec de jeunes coureurs. De toute manière le but est vraiment de conserver le maillot au sein de l’équipe, et de bien courir surtout ».

Hervé Bombrun
Crédit photo FFC – Patrick Pichon